Jalons autobiographiques et perspectives

1. Parcours personnel

Issue du baby-boom des années 60, je suis née à Lausanne, (Suisse) le 4 juin 1959.

A cette époque, la guerre d’Algérie faisait rage. En Libye, on découvrait du pétrole. Quant à la Tunisie, elle vivait ses premières années d’indépendance. L’Egypte et la Syrie, connaissaient une éphémère union. En concurrence avec les Russes, les Américains lançaient leur premier satellite. Le film d’Alain Resnais, Hiroshima mon amour, révélait à un large public le pouvoir dévastateur de la bombe atomique.

Pour avoir grandi dans un milieu traditionnel et rural, j’ai développé très tôt le goût de la lecture, évasion merveilleuse pour une personne avide de liberté.

Quelques souvenirs d’Afrique du Nord éclairaient la maison où j’ai grandi, suscitant très tôt ma curiosité d’enfant. En effet, mon grand-père maternel avait travaillé comme ingénieur en Algérie et en Libye.

Après une maturité classique (latin/anglais), j’ai entamé des études de droit achevées par un doctorat en 1992. Les mécanismes qui régissent notre société suscitaient ma plus vive curiosité, et j’ai hésité à m’inscrire en sociologie. Finalement, suivant les traces de mon père magistrat, j’ai opté pour le droit. Pendant la rédaction de ma thèse, j’ai eu la chance de travailler comme assistante à l’Université de Lausanne, puis à celle de Genève. J’ai aussi publié plusieurs articles, notamment dans la revue Plädoyer, organe des juristes progressistes.

L’achèvement de mon doctorat, sur un sujet de procédure pénale, Le séquestre pénal. Approche critique des rapports entre procédure et droit de fond (Etude de procédure pénale vaudoise), correspondit avec mon installation à Genève. Je travaillais en effet entre les universités de ces deux villes. C’est en 1991 que j’ai soutenu ma thèse.

Cet exercice académique astreignant m’a donné le goût de l’écriture. En 1995, je publiais aux Editions d’En-Bas mon premier livre : Au-delà des murs. Témoignage et recherche sur l’univers carcéral suisse romand (tiré à 1'500 exemplaires et aujourd’hui épuisé). Cette synthèse d’un parcours à la fois académique et militant fut bien accueillie par la presse, qui lui consacra une douzaine d’articles élogieux.

1991 et 1995 marquent la naissance de mes deux fils Aritz et Adrien.

2. Les fonctions du voyage dans ma vie
C’est à vingt ans que j’ai pris mon premier envol, hors du cocon familial. Pour fêter ma maturité, je suis partie pour la Grèce avec une amie, dans un flou propice à tous les possibles, sans aucune organisation ni projet précis. Cette errance dans des conditions précaires a constitué un acte assez spontané de liberté, qui cadrait aussi bien avec l’énergie de mes vingt ans qu’avec l’état d’esprit de l’époque. Ces humanités vécues dans des conditions hasardeuses ont marqué pour moi l’éclosion pour la vie d’un germe vivace de liberté.

De 1981 à 1999, entre études et enfants, je suis restée pratiquement sédentaire.

En 1999, avec des marmots respectivement âgés de quatre et sept ans et demi, j’ai mis le cap sur le Maroc. Electron libre propulsé dans un environnement inconnu, j’avais le projet de partir à la rencontre des Marocains et de leur pays, hors de toute structure touristique.

Cette parenthèse de quinze jours a constitué un choc, me révélant qu’au niveau sensitif, je vivais sous-stimulée depuis des années, oeuvrant à des tâches de routine dans un environnement familier parfaitement adapté à mes caractéristiques. Rapidement, mon intérêt pour le monde arabe a constitué un pôle de lumière, me conduisant à entamer, dans les mois qui ont suivi, l’étude de la langue arabe à l’école Modar S.A Educa Systeme, (45 – 47, Rue de Lausanne, C.P. 1879, 1211 Genève), sous la direction de Monsieur Mohammad Abu Rub. J’espère que cet apprentissage, qui m’ouvre un espace de réflexion et de liberté, m’accompagnera jusqu’à ma fin. L’arabe est d’une extraordinaire richesse et étudier une langue, c’est approcher l’âme d’une société.

Cette première escapade dans ce monde que je ne commence que maintenant à découvrir fut suivie de deux autres voyages au Maroc (2000 et 2002), deux en Syrie (2003, 2004), un en Egypte (2005), trois en Tunisie (2006- 2008) et un à Ténériffe (2003) où le vieux projet de contempler un volcan avait guidé mes pas, car je m’intéresse aussi à la minéralogie.

Depuis ma première incursion sur un autre continent, je ne cesse de me documenter, tout au long de l’année, sur les pays visités ou à voir, avec l’ambition prométhéenne de ne pas rester à la surface des contrées approchées. Le voyage, c’est la souplesse et la vie, c’est le fil rouge toujours présent dans mon mental.

On divise communément le monde arabe en Machreck (soleil levant) et Maghreb (soleil couchant). J’ai donc repris cette division dans mes publications. Après le livre sur la Syrie et l’Egypte, Syrie et Égypte, notes de voyage et regard d’une Européenne. Ed. Thélès, Paris 2007 www.theles.fr , je travaille maintenant, dans une perspective interculturelle, sur un manuscrit qui relate six voyages au le Maroc et en Tunisie, sur arrière-fond de recherches. Plus de 180 notes de bas de page et une bibliographe pléthorique rendront cet écrit aussi foisonnant que la végétation méditerranéenne. J’espère l’achever d’ici un ou deux ans.

Si le destin me prête vie, force et moyens, je souhaiterais encore fouler de mes pieds l’Algérie, la Libye, le Yémen, ainsi que divers autres lieux islamisés, carrefours culturels fascinants, comme par exemple Samarcande et Zanzibar, dont seuls les noms véhiculent déjà leur part de rêve.

La contemplation des réalités sociales d’autres pays a aussi tempéré le regard sévère que je portais sur les disfonctionnements de ma propre société et structuré mon identité d’Européenne. Aujourd’hui, j’ai pleine conscience de vivre dans un lieu où les possibilités qui me sont offertes sont particulièrement étendues.

3. Aïkido
Ma lucidité sur précarité de la vie me brûle comme un acide, m’interdisant de m’installer dans mes acquis, quelle qu’en soit la nature. Ainsi, l’élargissement de mon champ de conscience, par des voies complémentaires menant à la Connaissance, constitue le but de ma vie. C’est dans cette perspective existentielle globale que s’inscrivent aussi bien l’étude, le voyage, que la pratique de l’aïkido, (un art martial japonais). Dans ce budo, j’ai reçu en 2006 la ceinture noire (Sho dan), grade reconnu au Japon. La présence attentive de mon Maître, Monsieur Jean-Charles Wälti, (www.aikijukudojo.com) m’offre un appui important qui m’aide à trouver plus de calme intérieur et à développer les facultés qui sont les miennes. Dans son dojo, il enseigne un aïkido directement issu des enseignements du fondateur, Maître Morihei Ueshiba.

4. Actuellement
Depuis octobre 2010, j'enseigne à l'Institut de Management et de Sciences commerciales, sis 63, Rue de Lausanne.



Avec mon amie Peggy Guex, première transsexuelle suisse, nous venons de publier Chassée du paradis, rescapée de l'enfer, aux Editions Bénévent. Il s'agit d'une biographie.
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5. Et l’avenir ?
Aujourd’hui, je me demande ce que mes deux fils retiendront plus tard de ces escapades à trois, comment ils les considéreront une fois devenus adultes. Dans leurs prunelles azur, j’aimerais pouvoir lire l’avenir.